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Journée

 

 

Services compris
  L'art et la manière des services culturels universitaires
Paris, Musée du Louvre, 15 octobre 1999
   
 

L'idée de formaliser la mission culturelle des universités dans un service spécifique est une idée neuve en France. Elle est née de quelques expériences pionnières d'établissements universitaires qui avaient fait volontairement le choix de consacrer les moyens humains, matériels et financiers à défendre la présence de l'art sur les campus : elle n'est pas d'abord issue d'une mission imposée par la Loi. Il s'en faut en effet qu'une majorité d'universités aient d'emblée reconnu la nécessité de participer au développement culturel de la société. Le lent et patient travail accompli ici et là a progressivement permis un élargissement de la prise de conscience. Mais cette absence de reconnaissance générale a pesé beaucoup aussi bien sur la forme que sur le contenu des expériences conduites. Les solutions appliquées se ressentent de leur origine empirique et localisée. Il y a aujourd'hui un urgent besoin de dégager, au travers de la diversité des situations, les principes généraux qui s'imposent pour que les services culturels soient en situation de comprendre leur mission.

La nécessité est d'autant plus grande que, au cours des dernières années, l'idée semble avoir fait son chemin dans les instances ministérielles, pour se répandre peu à peu dans l'esprit de l'ensemble des responsables d'institutions universitaires. Cette expansion soudaine reste néanmoins ambiguë : d'une part, aucune définition claire de ce que pourrait être une politique culturelle universitaire n'a jamais été produite par le ministère en charge de l'enseignement supérieur ; d'autre part, la multiplication des services culturels dans les établissements est concomitante avec un fort développement des actions en faveur de la vie étudiante. Or, une politique culturelle universitaire ne saurait se confondre avec cette nébuleuse que l'on a pris l'habitude de désigner sous le terme « vie étudiante ». La responsabilité des universités ne consiste pas à se substituer aux initiatives des étudiants, qui doivent rester libres, dans leur forme et dans leur contenu. De ce point de vue, il s'agit simplement de faciliter leur réalisation. En revanche, la mission des établissements publics à caractère scientifique et culturel est de contribuer au développement de la création et de la diffusion de l'art et du savoir, en collaboration avec les professionnels de l'art et de la culture. Une politique culturelle logique et complète recouvre donc un triple objectif : créer, former, animer.

Dans le prolongement de cette mission, le service culturel universitaire devra donc à la fois garantir le respect de ces objectifs, et relier leur accomplissement aux attentes et aux initiatives de l'ensemble de la communauté universitaire. L'équilibre n'est jamais évident, et le but de cette journée sera de tracer les termes d'une clarification des conditions d'existence et d'efficacité des services existants ou à créer.

   
 

Ouverture
Des moyens de l'autonomie à l'autonomie des moyens

Claude Patriat
Coprésident d'Art + Université + Culture

Introduction
La mise en culture d'une grande institution culturelle. Le service culturel du Louvre
Jean Galard
Chef du service culturel, Musée du Louvre

Quel statut ?
Autonomie et intégration au sein de l'établissement d'enseignement supérieur
Table ronde présidée par Jean-Pierre Montier
Vice-président de l'Université de Haute Bretagne - Rennes 2

La formule de la mission répond-elle aux besoins ?
Le cas de l'Université de Toulon et du Var
Michèle Gorenc, Chargée de mission pour la culture

La structure de service commun est-elle adaptée à l'action culturelle ?
Le cas de l'Université Charles De Gaulle - Lille 3
Patrick Houque, Directeur d'Action Culture

Le statut associatif est-il compatible avec l'institution universitaire ?
Le cas de l'Université de Bourgogne
Claude Patriat, Ancien directeur de l'Atheneum

Le cadre inter-universitaire autorise-t-il une logique de site ?
Le cas des Universités de Clermont-Ferrand
Évelyne Ducrot, Administratrice du Service Universités Culture

À quelles conditions les pôles européens sont-ils un cadre d'action pertinent ?
Le cas des Universités de Grenoble
Sylvie Billon, Responsable du Bureau Culture, Grenoble Pôle européen

Quels moyens ?
Capacité d'intervention et identification des acteurs
Table ronde présidée par Patrick Houque
Directeur d'Action Culture, Université Charles de Gaulle - Lille 3

Moyens financiers et humains : seuil et conditions de viabilité
Patrice Charavel
Responsable du service culturel, Université Lumière - Lyon 2

Quels cadres d'emploi pour quels personnels ?
Anne-Marie Conas
Responsable du service culturel, Université de Haute Bretagne - Rennes 2

Où puiser ses ressources ?
Jean-Louis Flecniakoska
Directeur du service d'action culturelle, Université Marc Bloch - Strasbourg 2

Quelles collaborations ?
Partenariats internes et externes à l'établissement
Table ronde présidée par Bernard Ramé
Université du Havre, Chargé d'une mission d'évaluation des cartes-culture

Le partenariat avec les associations étudiantes
Alain Billon
Directeur du service culturel, Université de Metz

Le partenariat avec les enseignants
Philippe Rouyer
Directeur de CREA 3, Université de Michel de Montaigne - Bordeaux 3

Le partenariat avec le CROUS
Corine Roy
Responsable du Centre culturel, CROUS de Reims

Le partenariat avec les structures culturelles
Janine Chêne
Chargée de mission pour la culture, Université Pierre Mendès France - Grenoble 2

Le partenariat avec les artistes
Jean-Luc Menet
Directeur artistique de l'Ensemble Alternance

Conclusion prospective
Claude Patriat
Coprésident d'Art + Université + Culture

 

Art + Science + Culture
  Villeurbanne, 19 et 20 novembre 1998
 
 

L'association Art + Université + Culture se préoccupe de faciliter le développement de la mission culturelle des établissements d'enseignement supérieur. Elle a contribué à jeter les bases d'une mutualisation des expériences d'action culturelle conduites par les établissements, sans distinction disciplinaire. Or, cette attitude d'indifférenciation suivant qu'il s'agisse d'une école d'ingénieurs, d'une université scientifique ou d'une université littéraire, montre aujourd'hui ses limites. Alors qu'une majorité d'établissements pluridisciplinaires ou relevant des sciences de l'homme se sont engagés fermement sur le terrain de l'action culturelle, la plupart des universités scientifiques ou médicales restent très en retrait. C'est donc un paysage contrasté qui se dessine aujourd'hui, entretenant une inégalité entre les différents acteurs et publics du monde universitaire.

Pourtant, les formidables transformations qui affectent le savoir scientifique et les conditions de sa transmission rendent plus nécessaire que jamais une mobilisation culturelle forte. Celle-ci est seule capable à la fois de structurer un espace aujourd'hui éclaté entre savoirs spécialisés, et de libérer une créativité indispensable à l'acquisition, la valorisation et la circulation des connaissances. Dans un monde que les nouvelles technologies de la communication rendent techniquement plus perméable, on assiste en effet, paradoxalement, à la constitution de blocs aux contenus imperméables. Or, les établissements d'enseignement supérieur ont les moyens humains et scientifiques de jouer un rôle moteur dans la réparation d'une fracture culturelle qui traverse la société entière. Conscientes de cette mission, certaines universités et écoles d'ingénieurs ont d'ores et déjà entrepris d'expérimenter ce type d'action.

Il s'agira donc de s'appuyer sur ces expériences, pour envisager leur extension et leur généralisation. Afin de faciliter une prise de conscience qui n'a que trop tardé, nous avons donné délibérément au débat une orientation pratique. Pour l'amorcer, le propos introductif aura un double objectif : mettre en perspective historique le mouvement, impulsé à la Renaissance, d'unir l'art et la science ; en contrepoint, tenter de localiser et de définir le lien entre savoir et culture. Dans le champ ainsi balisé, trois tables rondes proposeront de recenser les grandeurs et les misères de l'action sur le terrain. Celle-ci, en effet, semble se déployer autour de quatre pôles souvent en tension : culture, science, art et technique. La première table ronde explore le chemin apparemment le plus immédiatement accessible — mais pas pour autant le plus facile —, de la diffusion de la culture scientifique et technique. La seconde adopte l'angle opposé, et se situe du point de vue de la production scientifique et artistique, pour en envisager les homologies. La troisième se propose de situer la figure de l'ingénieur, que sa responsabilité place inévitablement au carrefour de la culture, de la science et de la technique.

   
  Ouverture
Monsieur Pierre Laréal
Directeur adjoint de l'INSA de Lyon
Monsieur Gérard Paquet
Chargé de mission pour la CSTI
auprès de Madame la Ministre de la Culture et de la Communication

Introduction
Renaissance : art et science dans un même mouvement
Bernard Maitte
Savoir et culture, culture du savoir
Jean-Marc Lévy-Leblond et Claude Faure

De la culture scientifique et technique à l'action culturelle
Table ronde présidée par Philippe Guillet
Directeur de l'OCIM

Michel Van-Praet
Galerie de l'Évolution, Museum national d'histoire naturelle
Nabil el Haggar
Vice-président chargé de la culture, Université Lille 1 - USTL
Andrée Bergeron
Chargée de mission pour la culture scientifique et technique dans les universités

Art & Science : vrais ou faux parents ?
Table ronde présidée par Francine Delmer
Chargée de mission pour la culture, Université Bordeaux 1

Mario Borillo
Animateur de la Commission Culture
Allain Glykos
Responsable de l'UV Art & Science, Université Bordeaux 1
Daniel Veron
Responsable du projet « Chercheur d'art… et de science », Fondation 93

Culture de l'ingénieur
Table ronde présidée par Marie-Lucie Grossiord
Responsable du service culturel de l'INSA de Lyon

Françoise Odin
Responsable de la section Théâtre-Études de l'INSA de Lyon
Sarkis Tcheumelkdjian
Metteur en scène, Cie 1er acte
Gérard Charbonneau
Vice-président chargé de la culture, Université Paris 11

Conclusion prospective
Claude Patriat
Coprésident d'Art + Université + Culture

 

Acteur-usager
  La participation des étudiants à l'action culturelle universitaire
Vincennes, 14 novembre 1997
 
 

La réflexion sur la participation des étudiants à l'action culturelle universitaire a aujourd'hui acquis de l'ancienneté, sinon de l'épaisseur. Plusieurs réunions, colloques et autres journées d'étude, ont déjà été consacrés à ce thème. Le développement des initiatives étudiantes, la formidable transformation quantitative et qualitative de la population universitaire, l'émergence d'une revendication étudiante sur la culture, ainsi que la multiplication, au cours des cinq dernières années, des politiques culturelles universitaires imposent aujourd'hui d'aller plus loin et de préciser les termes d'une articulation entre le développement institutionnel de l'action culturelle et les initiatives étudiantes. Il y va non seulement de l'épanouissement personnel des étudiants, mais également de l'efficacité même du dispositif d'enseignement supérieur.

En effet, la population étudiante s'est profondément transformée, élargissant et diversifiant l'origine sociale de celles et ceux qui fréquentent les universités. Cette nouvelle population étudiante est à la fois singulière et banale. Banale, elle l'est par rapport à la population de la même tranche d'âge (18-25 ans), dont elle partage largement les valeurs, les attentes, les pratiques (goût prononcé pour le cinéma, les sorties en discothèque, les musiques amplifiées, le phénomène techno). Mais elle est singulière en ce qu'elle constitue un brassage sociologique et que les phénomènes d'héritage culturel y opèrent des différenciations ; singulière surtout parce qu'il s'agit d'un milieu de formation et de transmission du savoir et de la culture légitimée. Le mélange des deux types d'éléments ne s'opère pas harmonieusement : les pratiques spontanées sont souvent vécues comme coupées d'une institution universitaire au mieux indifférente, au pire méprisante. D'où une fuite accentuée à l'extérieur des établissements ; d'où une constitution des réseaux de sociabilité à l'écart de la communauté universitaire globale, soit à l'extérieur, soit dans le cadre étroit des filières de formation.

Parallèlement, la mise en place progressive d'une politique culturelle universitaire, qui a pris racine en s'appuyant sur des expériences parfois anciennes, s'est effectuée par la conjonction de deux interventions de l'État. D'une part, le ministère de la culture, qui s'est inquiété d'une faible implication des étudiants dans la vie culturelle, s'est efforcé, par l'intermédiaire des DRAC et des établissements du réseau, de faciliter et d'encourager l'accès aux œuvres. D'autre part, la loi du 26 janvier 1984 attribue explicitement, notamment dans ses articles 2, 5 et 7 une mission d'action artistique et culturelle aux établissements d'enseignement supérieur. Grâce à l'outil des contrats d'établissement, de multiples initiatives ont vu le jour, à la confluence de ces deux ambitions. Il s'en faut pourtant que le développement culturel ait trouvé son équilibre entre ce qui relève de la responsabilité des universités, du partenariat avec les professionnels de la culture, et de l'initiative spontanée ou suscitée des étudiants. C'est pourquoi nous proposons d'examiner cette question de la participation étudiante à partir de deux angles distincts : celui de la mission éducative et volontariste des établissements d'enseignement supérieur, qui saisit les étudiants dans leur statut d'usager ; celui des étudiants comme acteurs de leur propre épanouissement culturel. Une authentique problématique de développement culturel ne saurait résulter d'une confusion des deux approches, mais nous semble reposer sur la capacité de les lier et de les conjuguer. N'est-ce pas l'unique chemin d'une appropriation réelle de la culture par les étudiants ?

   
 

Ouverture
Madame Anne-Marie Cocula
Président de l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3
Présidente de la commission des affaires sociales et de la vie de l'étudiant à la CPU
Monsieur Patrick Gérard
Directeur du Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires
Madame Anne Giami
Sous-directeur de la vie de l'étudiant et de l'insertion professionnelle, Ministère de l'Éducation nationale (DGES)

Introduction
Les étudiants comme public stratégique
Pierre Mayol
Chargé d'études, Département des études et de la prospective, Ministère de la culture
Deux enquêtes sur les pratiques et représentations culturelles étudiantes
Bernard Ramé
Directeur du service culturel, Université du Havre
Sabine Lacerenza
Étudiante, Grenoble

Les étudiants, usagers culturels
Table ronde présidée par Guillaume Houzel
Président du réseau Anima'Fac

L'université faisant appel à des artistes professionnels pour des actions de création à l'université
Daniel Durney
Directeur du département de musicologie, Université de Bourgogne
David Roux
É tudiant en musicologie à l'Université de Bourgogne

L'université faisant appel à des artistes professionnels dans le cadre de sa mission de formation
Isabelle Starkier
Directrice du département culture et communication, Université d'Évry
Diana Bach
Étudiante à l'Université d'Évry

L'université programmant une diffusion artistique professionnelle
Patrick Houque
Directeur d'Action Culture, Université Charles de Gaulle - Lille 3
Frédéric Billion
Association Kino-Ciné

L'université facilitant la fréquentation des établissements culturels par les étudiants
Jean-Louis Flecniakoska
Chargé de mission pour la culture, Pôle universitaire de Strasbourg
Sarah Tikanouine
Étudiante à Strasbourg

Quel(s) financement(s), quel(s) outil(s) pour faciliter ces types d'action ?
Dominique Bertin
Vice-présidente du CEVU, Université Lumière - Lyon 2

Intervention de la FAGE
Sylvain Tranoy
Membre du Bureau national

Intervention de l'UNEF-ID
Christophe Bérardi
Membre du Bureau national

Les étudiants, acteurs culturels
Table ronde présidée par Bernard Pouyet
Ancien président de l'Université Pierre Mendès France - Grenoble 2

L'étudiant praticien « amateur » : les projets artistiques étudiants
André Béraud
Directeur du Centre des Humanités, INSA de Lyon
Bernard Lasserre
Responsable de l'action culturelle, CROUS de Bordeaux
Mélanie Martin
Présidente de l'association Destin Farceur, Lille
Dimitri Régnier
Président de l'association Pratik Teatr, Aix-en-Provence

L'étudiant médiateur : les projets étudiants d'action culturelle conduits à l'université et en dehors de l'université
Sabrina Janvier
Association Clair-Obscur, Festival Travelling, Rennes
Alexandre Nikolic
Président de l'association Vidéofac, Clermont-Ferrand
Romain Aparicio
Président de IASTAR France, fédération des radios étudiantes
Alexandre Thiébault
Bureau national de l'UNEF-ID

Quel(s) financement(s), quel(s) outil(s) pour faciliter ces types d'action ?
Janine Chêne
Présidente de la Commission culture
Grenoble Pôle européen universitaire et scientifique

Synthèse
Claude Patriat
Coprésident d'Art + Université + Culture

 


 

 

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