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Et maintenant,
A+U+C encore L'art, l'université et la culture. Cela pourrait être le titre d'une fable qui se terminerait par un tableau idyllique, les lumières de l'art irradiant culturellement l'univers universitaire. Et tout irait pour le mieux dans le même monde éducatif et culturel. Mais ce n'est pas une fable, et nous n'en sommes pas là. Tant s'en faut. À la question : A+U+C a-t-elle été utile ?, la réponse est incontestablement oui. À la question : A+U+C est-elle encore nécessaire ?, la réponse appartient aux universités, aux acteurs culturels, bref, aux gens de terrain. Non à des technocrates en mal de pouvoir centralisé. Pour notre part, nous n'avons jamais eu d'autre ambition que de servir de lien et d'établir un réseau entre les établissements d'enseignement supérieur, de favoriser un partenariat aussi indispensable que longtemps improbable entre les acteurs culturels et les deux ministères concernés. Grâce à nos propositions, à nos échanges, voire à nos imprécations, nous avons jusqu'à présent évité que la question de l'action culturelle soit diluée dans la nébuleuse de la vie de l'étudiant ou fossilisée dans une instrumentalisation pédagogique. Je dis bien jusque là, car le vent peut tourner. Il n'y a pas que l'enfer qui est pavé de bonnes intentions : un rien de démagogie pour flatter les présidents d'université, et voici l'action culturelle ramenée aux seuls horizons d'un amateurisme exclusivement étudiant. Un gros rien de centralisme administratif, et voilà l'action artistique réduite au rang des apprentissages élémentaires. Or, l'art et la culture ne peuvent s'épanouir qu'à condition de disposer d'un espace d'indépendance et de liberté. Étrangement, cette autonomie vitale risque de se voir sérieusement atrophiée par la manière dont se développent discours et pratiques concernant l'éducation artistique. Une définition sommaire, trop répétée pour être honnête, tend à confondre différents niveaux : celui des apprentissages qui relève naturellement de l'Éducation nationale , celui de la création et de l'action culturelle qui concerne le ministère de la Culture , celui de l'appréciation et de la fréquentation des uvres qui doit impliquer les deux, dans le cadre d'un partenariat étroit et équitable. L'Éducation nationale est une lourde machine et le service public dont elle a la charge ne peut être efficace qu'au prix d'une homogénéisation qui, dans son principe, est contraire à la diversité inhérente à l'action culturelle. Il convient donc de trouver, en utilisant les acquis de la séparation fondatrice du ministère de la Culture, les termes d'un compromis dynamique. Le tableau n'est pas si prometteur qu'on veut bien le dire. Face au double danger de l'instrumentalisation pédagogique et de la dilution démagogique, il est urgent de poursuivre inlassablement la tâche inachevée. A+U+C s'y emploie depuis près de douze ans, en puisant sa force dans deux éléments : les services culturels dont l'existence et la vitalité conditionnent toute action dans la durée, les enseignants dont l'engagement est la condition d'une prise en compte par les instances de décision des universités. A l'heure où l'association s'apprête à renouveler son équipe dirigeante, il convient de mesurer aussi bien le chemin parcouru que l'importance de la distance restant à couvrir.
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