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Aux arts, les universités Aux arts, les universités ! Ceci est le premier numéro d'une nouvelle série. Non que l'association Art + Université + Culture ait renoncé à ce qu'elle a été : lieu privilégié d'échange, de confrontation pour l'édification d'un réseau entre les universités porteuses d'un projet culturel. Mais il convenait de consolider l'acquis, de se prémunir des vents contraires. Car les universités n'ont pas de mémoire : les équipes changent plus sûrement qu'elles ne se succèdent ; d'un président l'autre, les préoccupations peuvent différer. Puisque rien n'est jamais acquis, il faut partout donner à la culture la force de l'organisation, la permanence d'un service reconnu institutionnellement comme nécessaire. C'est de cela qu'Art + Université + Culture doit s'occuper maintenant. En s'appuyant sur la légitimité d'une action artistique qui ne se ramène ni à la diffusion d'une culture cristallisée dans le patrimoine, ni aux pratiques culturelles des étudiants, il convient de rendre naturel et évident le lien entre l'art et l'éducation. Des siècles de scolastique ont fini par faire oublier que la fréquentation des uvres n'était pas qu'un utile complément ou qu'un ingrédient d'une culture générale ; qu'elle était avant tout une condition d'acquisition d'un savoir et d'une connaissance de l'homme qui ne serait pas une perception atrophiée et spécialisée. Encore faut-il donner corps, donner vie à cette logique pédagogique. Cela ne pourra se réaliser qu'en forgeant un lien étroit entre les milieux universitaires (enseignants et étudiants) et les acteurs culturels (artistes et responsables d'institutions). Les logiques de territoires sont telles que la meilleure volonté se brise souvent sur les récifs de l'inertie, pire, de l'indifférence. Chacun a tendance à ne percevoir spontanément que son intérêt immédiat, son manque particulier. Pourtant, le dialogue et l'échange autour d'une action permettent seuls de dégager derrière la surface des besoins la réalité des attentes. Art + Université + Culturea donc pour fonction naturelle, pour devoir permanent, d'organiser la confrontation en même temps que d'informer sur les initiatives qui naissent ici ou là et d'aider à l'éclosion des projets, sans autre a priori que l'exigence artistique et la rigueur du travail. Tel est l'objectif de ce journal, allégé dans sa présentation et diversifié dans son contenu. Tel est le sens des journées d'étude dont la première aura lieu à Poitiers le 7 novembre prochain sur le thème « Scènes nationales et universités : ignorance, connivence ou partenariat ? ». Régulièrement, nous publierons un dossier construit en toute indépendance. Il nous paraissait naturel de commencer par un point de jonction évident entre la culture et l'éducation : les formations aux métiers de la culture. Depuis quelques années, on assiste à une mutation dans ce secteur. Mode ou nécessité ? De nombreuses universités se sont orientées vers la mise en place d'un dispositif de formation initiale et/ou continue, sans toujours pouvoir, faute d'indicateurs précis, mettre en adéquation les contenus et les débouchés. Or, la formation professionnelle a ses raisons que la raison universitaire ne connaît pas forcément. On peut, comme nous le faisons régulièrement, lutter contre une confusion entre vie étudiante et culture, sans pour autant ignorer que les étudiants sont des acteurs indispensables à tout projet, pourvu qu'ils fassent preuve de rigueur, d'exigence, et surtout d'ambition. Aux universités en tant qu'institution de les encourager dans cette direction en leur donnant les moyens de voir plus loin que le bout des campus, plus profond que les plafonds des amphis très peu théâtres. Aux arts, les étudiants ! Aux arts, les enseignants ! Que naisse enfin une citoyenneté universitaire si problématique aujourd'hui.
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